Conférence de la Société Internationale de Neuropsychologie (International Neuropsychological Society)

Home / Nouvelles / Conférence de la Société Internationale de Neuropsychologie (International Neuropsychological Society)

Conférence de la Société Internationale de Neuropsychologie (International Neuropsychological Society)

La conférence a été adressée aux neuropsychologues, aux cliniciens, aux neuro orthophoniste, aux ergothérapeutes, aux scientifiques cognitifs s’occupant du diagnostic et de la réadaptation des patients souffrant de maladies neurologiques, des troubles neurodégénératives, neurodéveloppementales, psychiatriques. Elle a rassemblé des experts de 22 pays, y compris Australie, Royaume-Uni, États-Unis, Japon, Nouvelle-Zélande, Canada.

Des cours et des ateliers ont été consacrés, entre autres, aux études en neuroimmagerie liées aux changements apparus dans le cerveau après des accidents vasculaires cérébraux ainsi que aux effets de la réadaptation neuropsychologique; à l’influence des conditions environnementales sur le développement prénatal du cerveau; aux changements dans le cerveau après des traumatismes de la tête, après avoir pris de la marijuana; au cours de l’infection par le VIH. Beaucoup d’attention a été consacrée aux défis de la neuropsychologie clinique dans les sociétés multiculturelles ainsi que aux changements cognitifs qui accompagnent du vieillissement du cerveau. Un intérêt particulier a été incité par la présentation du prof. Terrie Inder du Harvard Medical School. Elle se  spécialise dans l’étude du cerveau des enfants nés prématurément, en essayant de connaître les facteurs qui sont les meilleurs prédicteurs de leur développement psychomoteur à l’avenir. Pendant le cours on a présenté les techniques de neuroimagerie  qui peuvent être utilisés pour étudier le développement précoce du cerveau ainsi que pour faire le monitoring de ses éventuels dommages. Chez les enfants nés prématurément on observe très souvent des dommages sélectifs au niveau de la substance blanche, soi-disant leucomalacie périventriculaire. L’hypoxie persistante peut causer des dommages au cortex cérébral. Ces lésions peuvent être observées en utilisant la technique de l’imagerie par résonance magnétique – la volumétrie basée sur des voxels ainsi que en utilisant l’examen de l’état de repos conscient du cerveau (resting-state fMRI) et la tomographie optique à haute densité (high-density diffuse optical tomography). Une autre question abordée lors de la conférence concernait l’influence des dommages du système nerveux central chez les enfants nés prématurément sur leur développement. Parmi les conséquences de ce trouble il y a entre autres: développement psychomoteur anormale (y compris son retard), développement dysharmonique, dommages de la vue et l’audition, infirmité motrice cérébrale, troubles émotionnels. Certains de ces symptômes peuvent apparaître env. 2-3 ans, ou à l’âge scolaire. À cause de la haute plasticité du cerveau au cours de cette période le développement de l’enfant peut également se derouler normalement. En plus, pendant le cours on a présenté les résultats des recherches confirmant la grande efficacité de l’hypothermie thérapeutique, au cours de laquelle le corps et le cerveau du nouveau-né sont refroidis à env. 34 ° C. L’utilisation de cette procédure permet de réduire les séquelles neurologiques chez
les nouveau-nés nés dans l’asphyxie ou chez lesquels un accident vasculaire cérébral (AVC) est apparu.

La professeur Inder a également présenté un équipement médical exemplaire utilisé pour refroidir le corps entier (nattes spéciales, salopettes), ou tout simplement le cerveau (chapeaux de refroidissement spéciaux). Au cours de la conférence, la professeur Inder a également partagé ses nombreuses années d’expérience de la clinicienne. D’après ses observations, parfois une observation de longue durée du comportement (position de la tête, des prunelles, éventuelle asymétrie dans le positionnement des membres, niveau de conscience, mouvements spontanés) du nouveau-né (surtout un enfant né prématurément) lors de l’examen est plus importante que les procédures médicales sophistiquées. Un contact émotionnel des tuteurs avec l’enfant est très important – les activités telles que parler à l’enfant (même si enfant est dans un incubateur), le caresser,
le cajoler stimulent son cerveau,  ce qui a été confirmé par des études scientifiques en utilisant les dernières techniques de la neuroimagerie du cerveau.

L’Institut de Physiologie et de Pathologie de l’Audition a été représentée par une équipe du du Centre Scientifique d’Imagerie Biomédicale (NCOB).Dr Agnieszka Pluta a présenté
les résultats des études sur l’influence du virus VIH sur les fonctions cognitives et sur la structure du cerveau, réalisés dans le cadre d’une subvention multicentrique financée par le Centre National de la Science.

La recherche est menée en collaboration avec des scientifiques de: Département de Psychologie à l’Université de Varsovie, Hôpital Provincial pour les Maladies Infectieuses à Varsovie, Institut de Psychiatrie et de Neurologie, ainsi que avec les chercheurs des États-Unis. La présentation était très intéressante en raison du grand groupe de personnes examinées (50 patients infectés par le VIH et 50 personnes d’un groupe de contrôle) ainsi que l’utilisation de nombreux outils de recherche, y compris la diagnose neuropsychologique et des techniques modernes de neuroimagerie du cerveau.

Aussi, l’exploration d’un éventuelle influence additif de l’âge et du virus sur l’état des processus cognitifs et sur le fonctionnement du cerveau est un aspect novateur des recherches réalisés. Les résultats des recherches ont confirmé que, en dépit d’un traitement efficace contre le rétrovirus VIH, les patients souffrent de troubles de la mémoire de travail. En outre le volume de certaines régions dans le cerveau se réduit, notamment dans les lobes frontaux, pariétaux et temporaux.

Les changements dans la structure du cerveau sont plus visibles chez les personnes âgées infectées par le VIH par rapport au groupe côntrol. Les résultats des recherches étayent l’hypothèse d’un vieillissement accéléré, selon laquelle le virus VIH est la cause des changements dans le fonctionnement et dans les structures du cerveau qui sont caractéristiques pour des personnes âgées en bonne santé. L’équipe du Centre Scientifique d’Imagerie Biomédicale  continuera la recherche sur cette question.